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Bélarus. Amnesty International condamne la nouvelle exécution d’un condamné à mort

AMNESTY INTERNATIONAL
DÉCLARATION PUBLIQUE
14 juin 2019
EUR 49/0535/2019
AILRC-FR

Amnesty International condamne l’exécution signalée du condamné à mort
Alyaksandr Zhylnikau. Le 13 juin, son avocat s'est rendu à la prison, où on lui a
dit qu'Alyaksandr Zhylnikau avait « purgé sa peine ». Comme cela est
généralement le cas au Bélarus, sa famille n’a pas été notifiée de la date de
l’exécution et ne sera probablement pas informée officiellement qu’il a été
exécuté avant un certain temps. On s'attend également à ce que son corps ne
soit pas remis à sa famille pour qu’elle puisse l’inhumer, et à ce que le lieu où il a
été enterré ne soit pas révélé.
Le secret qui entoure les condamnés à mort et le traitement réservé aux familles
de ces condamnés sont des aspects particulièrement cruels de l'application de la
peine de mort au Bélarus, et ont été condamnés par l'ONU et par des instances
régionales de défense des droits humains, notamment le Conseil de l'Europe,
ainsi que par la communauté internationale dans son ensemble.
« Alors qu’elles s’apprêtent à accueillir les Jeux européens à Minsk, les autorités
bélarussiennes ont une fois de plus affiché leur mépris total envers les droits
humains et les tendances régionales et mondiales en faveur de l'abolition de ce
châtiment, le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit », a déclaré Marie
Struthers, directrice du programme Europe de l’Est et Asie centrale d’Amnesty
International.
Les autorités ont procédé à l’exécution d’Alyaksandr Zhylnikau en violation des
obligations qui incombent au Bélarus en vertu du droit international relatif aux
droits humains, car le Comité des droits de l’homme des Nations unies leur avait
demandé d’y surseoir dans l’attente de l’issue de l’examen de son dossier.
Les inquiétudes sont de plus en plus vives pour Viachaslau Sukharko, coaccusé
d’Alyaksandr Zhylnikau et lui aussi condamné à la peine capitale. Les deux
hommes ont été condamnés à mort à l’issue d’un nouveau procès en janvier
2018, après avoir été déclarés coupables du meurtre de trois personnes, tuées
en 2015. Bien qu’aucune information ne soit disponible sur la situation actuelle
de Viachaslau Sukharko, il est courant au Bélarus que des coaccusés soient

exécutés en même temps.
Amnesty International appelle les autorités bélarussiennes à donner
immédiatement des précisions sur la situation d'Alyaksandr Zhylnikau et de
Viachaslau Sukharko et sur le lieu où ils se trouvent, et à communiquer toute
information pertinente à leur sujet à leur famille et à leurs représentants légaux.
Si Viachaslau Sukharko est toujours en vie, les autorités doivent commuer sa
peine sans délai. Elles doivent aussi instaurer immédiatement un moratoire sur
toutes les exécutions, à titre de premier pas vers l’abolition totale de la peine
capitale.
« Cette barbarie doit cesser », a ajouté Marie Struthers. « Le Bélarus est le
dernier pays d’Europe et de l’ancienne région soviétique à procéder à des
exécutions. Il ne peut pas continuer à aller à l’encontre de la tendance mondiale
en faveur de l'abolition et attendre de la communauté internationale qu'elle
coopère avec lui. »
Outre Viachaslau Sukharko, au moins un autre prisonnier est toujours sous le
coup d'une condamnation à mort au Bélarus. Alyaksandr Asipovich a été
condamné à mort le 9 janvier 2019 et a vu sa peine confirmée le 14 mai 2019.
Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, sans
exception. Il s’agit du châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, et
d’une violation du droit à la vie. Plus des deux tiers des pays du monde sont
abolitionnistes en droit ou en pratique. Sur les 193 États membres des Nations
unies, 174 n’ont procédé à aucune exécution en 2018.

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